October 17 / December 20, 2025

COMPORARY ART MODERN PROJECT 2025 / Don’t be Absurd!

The CAMP Gallery North Miami US

The Contemporary Art Modern Project announces its 7th Edition of Women Pulling at The Threads of Social Discourse: Don’t be Absurd. Over 100 years ago Søren Aabye Kierkegaard set the stage for society to look beyond one’s own concerns with the start of Existentialism. Absurdism emerges after the Second World War as the world grappled with the sense of the meaninglessness of life due to an overwhelming indifference for humanity and the suffering of others. For this year’s edition of: Women Pulling at The Threads of Social Discourse, and Guests: Don’t Be Absurd, the exploration of Absurdism is done through the hands of fiber artists. Artists were asked to refer to works by: Albert Camus, Franz Kafka, Simone De Beauvoir, Samuel Beckett, and Jose Saramago and interpret the writings into circular fiber responses.

Le monde à l’envers, Ensemble de quatres cercles de drap ancien brodés, fils, 1 x 60cm , 3 x 45cm. 2025


Le Monde à l’envers

Dans son roman «Tous les hommes sont mortels» Simone de Beauvoir raconte l’histoire d’un homme immortel pour qui la vie n’a plus de sens, plus d’issue. Il ne peut apprécier la vie car elle n’a plus de valeur. Il se retrouve dans un cycle sans fin où l’histoire se répète: conquêtes de territoires, meurtres, massacres, religions, pillages… Acquérir le pouvoir pour contrôler, posséder, jusqu’à l’absurdité rend la possession ridicule et dénuée de sens: le personnage se replie sur lui même.

Bien que ses rencontres avec les femmes ouvrent d’autres portes( celles de l’amour, de la descendance, du sentiment, de l’esprit, de la science, des arts) il ne peut s’y attacher car sa vie d’immortel ne peut se concilier avec une vie mortelle. Deux mondes et deux visions s’opposent: celle du matérialisme et celle de l’esprit

J’ai choisi de représenter cette opposition par quatre cercles de tissu qui symbolisent ces 2 conceptions de la vie.

Le premier cercle de 60cm illustre un monde qui tourne constamment sur lui-même. Au centre, des fils noirs sortent du tissu: ils font des boucles,s’emmêlent, se nouent et se replient sur eux-mêmes pour constituer un nœud de plus en plus dense dont on ne peut pas s’échapper.Au dessus de ce nœud central, on devine des habitations à l’envers qui symbolisent les lieux successifs de passage du personnage principal. Tout autour, un deuxième cercle constitué de flèches indique une rotation perpétuelle. La répétition et donc la reproduction sans fin des différents motifs du centre génèrent une force centrifuge, jusqu’à se confondre avec les limites du cercle.Cette saturation, symbole d’un monde figé ne peut qu’amener à la nausée.

Le deuxième monde est constitué de 3 cercles de 45cm. Leur taille est délibérément identique et plus petite pour symboliser une durée de vie moyenne. A l’intérieur de chaque cercle des motifs, des chemins, des dessins brodés différents symbolisent la vie organique et mutante : les fils de couleur à l’intérieur illustrent la diversité qui fait évoluer la vie et ceux qui partent vers l’extérieur proposent des connexions futures. Sophie PAPIAU 2025